Introduction à l'article

Les espèces invasives, en constante augmentation depuis les début du siècle dernier, représentent un enjeu majeur à cause de leurs conséquences économiques et environnementales. Parmi celles-ci, le frelon Vespa velutina est un prédateur d’abeilles domestiques qui utilise les signaux olfactifs pour trouver les ruches. Cependant, la nature de ces signaux reste inconnue.

Dans cette étude, les auteurs ont présenté un panel d’odeurs caractéristiques de la ruche (cire, propolis, miel, pollen…) et non caractéristiques de la ruche (saumon, boeuf…) et ont testé le comportement d’orientation de frelons (expérience 1). Cependant, ces composés représentent une association complexe de molécules, et les auteurs ont ensuite testé plus spécifiquement quelles molécules attiraient les frelons (soit des molécules odorantes, soit des phéromones d’abeilles) (expérience 2). Les expériences ont été réalisées dans des cages et les frelons ont été filmés.

Expériences de l'article

Expérience 1 : les auteurs ont montré que les odeurs de miel, de pollen, de larve d’abeille et de phéromone mandibulaire de reine (émise par la reine et donnant son identité à la colonie) attirent statistiquement plus les frelons. Cependant, une abeille adulte entière n’attire pas particulièrement les frelons. Les odeurs non caractéristiques de la ruche (saumon, boeuf) n’attirent pas les frelons.

Expérience 2 : Le géraniol, une phéromone de rassemblement des abeilles, attire statistiquement plus les frelons que le témoin. Le géraniol agirait donc comme une kairomone, c’est-à-dire comme une substance déclenchant une réponse prédatrice chez le frelon.

Résultats de l'article

L’article suggère donc que les frelons sont attirés par des indices olfactifs témoignant d’une grande densité d’abeilles dans les environs (larves, miel et pollen, reine), et non pas par des indices d’abeille isolée. Ces résultats, obtenus dans des cages sur des frelons filmés pendant 10 ou 15 minutes, doivent maintenant être répétés par des études de terrain.

Cet article montre qu’une espèce récemment invasive a la capacité de trouver ses proies, et suggère donc que les abeilles sont réellement menacées par cette espèce.

Remarques sur l'article

Les expériences menées ici ont été effectuées à l’aveugle sur les frelons. Les prises de vues ont été effectuées en lumière rouge, et il est estimé que les frelons ne voient pas pour ces longueurs d’ondes > 600nm.

Publiée il y a plus de 4 ans par T. Lorin.
Dernière modification il y a plus de 4 ans.
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