Introduction à l'article

Des études antérieures avaient déjà émis l'hypothèse d'un caractère transmissible suite à des études sur des jumeaux, des enfants adoptés... Mais au vu des faibles connaissances de l'époque cela n'a pas vraiment été exploité au maximum. Par ailleurs ils avaient mis en évidence la différence physiologique de neurone selon l'orientation sexuel (A difference in hypothalamic structure between heterosexual and homosexual men.) ainsi que le rôle des stéroïdes de la gonade sur le développement du cerveau.

Ce n'est que dans cet article que la notion d'un locus présent dans le chromosome X émerge.
Les auteurs ont voulu savoir si l'orientation sexuelle des mâles était ou non, sous l'influence de facteurs génétiques.

Expériences de l'article

Ils ont pris des individus qui se sont "auto-reconnu" comme homosexuels mais dont les proches les ont également reconnus comme tel. Ils ont utilisé des individus venant de la même famille afin d'étudier les phénomènes d'héritabilités, soit un total de 114 individus potentiellement homosexuels. Ensuite, un questionnaire abordant différents domaines (santé, sociologie, orientation sexuel) leur a été remis. Ces individus proviennent, en proportion différentes, de différents continents (Afrique, Asie,..) avec un âge moyen de 36 ans et un niveau intellectuel moyen de 15. Le degré d' homosexualité a été défini avec le score de Kinsey.

Analyse génétique par PCR, mapping et tests statistiques sur des allèles du chromosome X d'individu (40 paires d'homosexuels).

Résultats de l'article

Par analyse généalogique ils montrent que la probabilité pour un frère d'homosexuel de le devenir est plus importante (7fois) comparé aux autres membres de la famille, et également plus grande chez les individus apparentés à la mère. Il n'y a pas d'indication de transmission de l'homosexualité du père vers son fils. Comme les individus étudiés proviennent d'environnements différents cela ne semble pas être lié à un facteur externe. Ce serait un facteur génétique associé à la mère ( chromosome X). La prévalence d'une orientation sexuelle pour les cousins et oncles de lesbiennes est deux fois plus faible que celle d'homosexuels hommes, ce qui suggère un caractère spécifique à l'homme.
La région Xq28 (avec un niveau de confiance de 99%) a donné des résultats significatifs de son implication et de sa transmission dans l'orientation sexuelle. Elle comprendrait un/des locus spécifiques. Mais d'autres tests devraient être menés pour éliminer d'autres régions comme Xq26, et confirmer Xq28.

Rigueur de l'article

Ils étudient l'efficacité des différents tests associés au score de Kinsey . Selon les tests on aura pour un comportement sexuel donné un chevauchement des scores mettant en évidence que selon les questions posées les scores établis ne permettent pas de définir clairement l'orientation sexuelle des individus. Cependant on retrouve de manière générale un score de 4-6 caractéristique de l'homosexualité. Ici les auteurs s'appuient notamment sur un ensemble de tests ce qui est positif et permet de minimiser les biais d'orientation sexuelle.

Age de l'expression phénotypique:
Une première attirance pour le même sexe qui apparait vers 10 ans l'âge de la puberté alors que la reconnaissance prend plus de temps entre 5 et 30 ans. Comme les individus ont en moyenne 36 ans alors on peut affirmer qu'ils sont déjà bien orientés sexuellement.

Ce que cet article apporte au débat

Il y a une corrélation positive entre un marqueur génétique présent sur la région Xq28 du chromosome X et l'orientation sexuelle des hommes.

Des détails sur la région chromosomique Xq28 qui est caractérisée par une forte densité de loci génétiques et contient à la fois des séquences d'ADN répétées mais également une région pseudo-autosomale d'homologie et d'échange génétique entre les chromosomes X et Y.

Explication que la présence de ce marqueur perdure :
La recombinaison entre des séquences répétées en tandem ou entre des locus sur les chromosomes X et Y pourrait générer des variants de séquences d'ADN à un taux élevé et donc expliquer la transmission génétique d'un trait qui réduit la reproduction.

Remarques sur l'article

Ce référer à l'analyse : Genetically Based: The Search for the Gay Gene.
Ils sont conscients d'un manque d'information comme par exemple le fait qu'ils n'aient pas montré l'absence de marqueurs présents dans la région Xq28 chez les individus hétérosexuels. Mais également que cette région n'explique pas en totalité l'orientation sexuelle comme il y a eu discordance chez certains individus. Ainsi d'autres facteurs et/ ou d'autres gènes seraient impliqués.

Publiée il y a environ 2 ans par P. Nogaret et al.
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