Introduction à l'article

Au cours des dernières années, la biodiversité et le nombre d'abeilles sauvages ont été signalés à plusieurs reprises en déclin dans le monde entier.
Les abeilles mellifères sont globalement considérées comme des pollinisateurs importants des cultures et sont également appréciées pour leur production de miel. Elles ont été introduites à une échelle presque mondiale. Cependant, au cours des dernières années, plusieurs études ont fait valoir leur possible concurrence avec les pollinisateurs sauvages. Dans cet article, les auteurs examinent les effets possibles des abeilles domestiques sur le comportement alimentaire des abeilles sauvages sur les fleurs de Cistus creticus dans le nord de la Grèce.

Expériences de l'article

Les auteurs ont introduit graduellement 1, 5 et 8 ruches d'abeilles par site, contenant chacune environ 20 000 ouvriers tout en enregistrant le comportement de recherche de nourriture des abeilles sur le ciste de Crête (Cistus creticus). Ils ont alors mesuré les fréquences et la durée des visites des abeilles sauvages avant et pendant la présence de ruches, afin d'explorer d'éventuelles interactions compétitives pouvant mener à des changements dans le comportement de recherche de nourriture.
L'étude a été menée à Peristera, à environ 25 km à l'est de Thessalonique, en Grèce du Nord, durant les années 2013 et 2014. Les observations expérimentales ont eu lieu de mai à juin.
Les auteurs ont sélectionné un total de 12 sites d'étude, 6 dans chaque année. Les sites ont été répartis au hasard et ils avaient des profils de végétation similaires. La distance minimale entre les sites était de 1,5 à 2 km. Aucune ruche gérée n'a été observée dans un rayon de 3 km autour de chaque site.

Résultats de l'article

La fréquence et la durée des visites des abeilles sauvages avant et après l' introduction des ruches ont été mesurées par observation des fleurs. Bien que les fréquences de visites des abeilles sauvages n'aient pas été affectées, le temps moyen passé par les abeilles sauvages sur les fleurs a augmenté avec l'introduction des ruches d'abeilles.
La compétition entre les abeilles domestiques et les abeilles sauvages est souvent attendue, mais il n'y a ici pas de preuves claires d'effets significatifs même quand les densités d'abeilles sont supérieures à la moyenne européenne de 3,1 colonies/km².
La plupart des études qui ont clairement démontré la compétition entre les abeilles mellifères et les abeilles sauvages concernaient des pays non européens où les abeilles domestiques ont été récemment introduites (Paini, 2004).

Rigueur de l'article

Certains auteurs ont montré un impact négatif des abeilles domestiques sur le butinage, la reproduction et les populations d'abeilles sauvages (Pyke et Balzer, 1985 ; Sugden, Thorp et Buchmann, 1996 ; Kato et al., 1999 ; Goulson et Sparrow, 2009), alors que d'autres n'ont pas trouvé de tels impacts (Butz Huryn, 1997 ; Horskins et Turner, 1999 ; Roubik et Wolda, 2001 ; Paini, Williams et Roberts, 2005).
Les résultats variés et contrastés entre les études, ou même entre les zones et/ou saisons d'une même étude, peuvent provenir de multiples facteurs pouvant affecter la relation entre les abeilles domestiques et les abeilles sauvages (ressources florales, comportement alimentaire, densité de population, fécondité).
La grande majorité des études ont été menées dans des régions où les abeilles ont été introduites relativement récemment, mais aucune preuve claire de la compétition n'a été trouvée en ce qui concerne leur comportement de recherche de nourriture sur les fleurs de ciste.

Ce que cet article apporte au débat

Les études sont ainsi contradictoires en ce qui concerne la compétition entre les abeilles. Ici, les auteurs ne trouvent pas de preuves claires d'effets significatifs sur la compétition entre abeilles domestiques et abeilles sauvages.

Publiée il y a plus d'un an par limanihanane et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus d'un an.
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