Introduction à l'article

Le but de cet article est de déterminer sous quelles conditions la chasse aux trophées peut être pratiquée sans avoir de conséquence néfaste sur la démographie des lions africains.
La conclusion de l’étude est que, pour les espèces dont essentiellement les mâles sont ciblés, il est plus judicieux de considérer un âge limite d’abattage que simplement un quota d’abattage.
De plus, une méthode d’évaluation d’âge des lions est proposée.

Expériences de l'article

L’étude propose un modèle d’évolution démographique en fonction du temps et selon divers paramètres pour appréhender l’impact d’une chasse soumise à différents quotas ou à différentes limites d’âge selon la prise en compte ou non des pratiques infanticides par les mâles.
Elle expose également une méthode d’estimation de l’âge des lions, basée sur la coloration de leur nez, qui est de plus en plus tacheté de noir avec l’âge (avec cependant des variations selon le sexe et la localisation géographique).

Résultats de l'article

La chasse d’individus au dessus d’une certaine limite d’âge uniquement permet d’éviter un remplacement trop fréquent des mâles dominants par de jeunes mâles qui tueraient les lionceaux de leurs prédécesseurs, et donc d’éviter une baisse démographique par infanticide. De plus, le fait de cibler des mâles en fin de règne limiterait l’impact humain des interactions consistant en la prise de pouvoir par la force des lions plus jeunes, qui peut être perçue comme un mode de sélection entretenant la fitness des populations.
L’article souligne le fait qu’une chasse sélective dont les quotas sont basés sur des caractéristiques physiques attribuées à la maturité (taille de la crinière, masse corporelle, taille des cornes ou des bois...) peut nuire à la démographie et à la fitness, car ces caractéristiques ne sont pas forcément de bons indicateurs d’âge.

Rigueur de l'article

L’article semble rigoureux. Il aurait été cependant souhaitable que le nom binominal du lion (Panthera leo) soit cité au moins une fois.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article est très intéressant dans la mesure où il soulève un problème rarement abordé : celui des interactions sociales et/ou territoriales qui peuvent êtres influencées par la chasse.

Remarques sur l'article

Il est important de comprendre les interactions sociales chez les lions. Les lions vivent en groupes constitués généralement de un à trois mâles dominants à la charge d’un harem de femelles et de jeunes lions protégés par les mâles adultes dont ils sont la progéniture. Arrivés à un certain âge, les jeunes mâles sont exclus du groupe par les mâles dominants, voire les lionnes adultes, tandis que les lionnes passent leur vie dans le même clan. Les jeunes bannis partent à la recherche d’un nouveau clan dans lequel ils tenteront d’exclure le/les dominants en prenant leur place. Ils pourront ainsi se reproduire sans risque de consanguinité. Si leur nouveau clan abrite des lionceaux, ils les élimineront, ce qui aura pour effet de déclencher plus rapidement la période de chaleurs chez les lionnes et de leur permettre se reproduire avec.

La technique proposée pour définir l'âge des lions est difficilement applicable dans le contexte d'une traque.

Publiée il y a plus d'un an par M. Ducros et Lugdiwine.
Dernière modification il y a plus d'un an.
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