Introduction à l'article

Le barcoding d'ADN tel que proposé par Hebert et al. (2003)[1] est basé sur la notion de "barcoding gap" : la distance génétique intraspécifique est toujours inférieure à la distance génétique interspécifique (pour la séquence codant la cytochrome c oxydase I (COI)). Ainsi, une espèce est totalement séparée d'une autre espèce par ce "barcoding gap".

Expériences de l'article

Les auteurs testent l'hypothèse selon laquelle il existe un "barcoding gap" entre espèces et son efficacité pour l'identification d’espèces sud-américaines du genre Triatoma.
Pour tester la méthode proposée par Hebert et al.[1], ils calculent les distances intraspécifiques et interspécifiques entre espèces de quatre lignées différentes : infestans, matogrossensis, sordida et rubrovaria, puis regardent si les distances intraspécifiques sont toujours inférieures aux distances interspécifiques. Aussi, ils tentent de discriminer les différentes espèces testées.
Le genre Triatoma est l'un des taxons les plus diversifiés de vecteurs de la maladie de Chagas. L'identification des vecteurs de la maladie est indispensable pour permettre un contrôle sanitaire efficace.

Résultats de l'article

Dans chaque lignée, au moins une des distances intraspécifiques est supérieure aux distances interspécifiques. Ainsi, l'approche d'identification par le barcoding n'est pas efficace pour le genre Triatoma. Cela est probablement due au fait que les espèces de ce genre ont divergé récemment.
L'utilisation de cette méthode pour l'identification de certaines espèces doit donc être faite avec précaution, surtout dans les cas où l'identification est impliquée dans la lutte contre une maladie humaine, telle que la maladie de Chagas.
Aussi, malgré sa puissance et son efficacité chez certains taxons, la méthode basée uniquement sur des code-barres d'ADN proposée par Hebert et al[1] pour cataloguer la biodiversité est ici remise en cause. L'identification et la classification des Triatominae demandent l'utilisation simultanée des outils et connaissances génétiques, morphologiques et écologiques.

Rigueur de l'article

Cet article me semble rigoureux. Il n'y aucune remarque à faire à ce sujet.

Ce que cet article apporte au débat

Cet article montre que l'identification d'espèces par la méthode des distances génétiques proposée par Hebert et al. (2003) [1]ne fonctionne pas pour tous les cas d'étude, comme ici, lorsque les espèces ont divergé trop récemment. Cela confirme le problème de "barcoding gap" et des méthodes de distances, qui avait déjà été cité par Taylor & Harris (2012) [2]. Aussi, il permet de mettre en évidence l'importance de garder un regard critique sur les identifications biologiques effectuées par barcoding, comme ici dans le cas de vecteurs d'une maladie grave.

Publiée il y a plus de 3 ans par Suzanne Bonamour .
Dernière modification il y a plus de 3 ans.
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