Résumé de la review

Cette review traite de la spécificité hôte/proie d’un agent, une préoccupation importante en lutte biologique.
En effet la spécificité influe sur l’efficacité naturelle de l’agent, en augmentant l’efficacité concernant l’exploitation des hôtes/proies mais pouvant aussi la diminuer si la virulence tend à décroitre pour que l’agent s’adapte et se maintienne et si l’agent est dépendant de la densité d’hôtes/proies.
L’introduction d’un agent de lutte biologique dans l’environnement peut aussi entrainer des risques (directs ou indirects) pour des organismes non-cibles et des communautés locales. En effet dans certains cas elle peut conduire à un déclin voire une extinction. Mais les introductions récentes suite à la mise en place directives (code de conduite de la FAO pour l’importation et le lâcher des agents exotiques de lutte biologique), sont plus réussies et plus sécuritaires que les premières introductions. Il est difficile d’estimer les risques associés à un agent candidat voulant être utilisé en lutte biologique, mais en général le risque est diminué quand l’agent a un spectre d’hôtes/proies spécifique. La première étape avant d’introduire un agent est donc d’obtenir des informations sur sa gamme d’hôtes/proies pour évaluer le type et l’ampleur des effets écologiques qui pourraient survenir.
Enfin, la spécificité peut aussi être un facteur limitant pour la commercialisation industrielle. En effet un agent spécifique peut être moins attrayant que le large spectre des pesticides chimiques quand plusieurs espèces menaces les cultures.

La spécificité d'hôte/proies est une caractéristique biologique très variable. Ici, cette variabilité a été illustré par des champignons opportunistes du genre Lecanicillium. Ces champignons ascomycètes ont la capacité d’exploiter une large gamme d’hôtes (insectes, acariens, nématodes, champignons phytopathogènes) et leur mode d’action diffère selon celui ci (antibiose, parasitisme, compétition, possible induction de résistance, saprophytisme).
Les organismes pathogènes opportunistes possèdent souvent un spectre d’hôtes plus large que les agents utilisé dans la lutte biologique classique. Ils ont donc un avantage commercial et sont surtout utilisés dans la lutte biologique inondative. L'émergence de pathogènes opportunistes et le développement de technologies « omiques » offrent actuellement de nouvelles opportunités (grâce à une meilleure connaissance de la génétique de l’agent et de son spectre) pour enquêter sur l'évolution des principes et applications de la spécificité des agents de lutte biologique

L'auteur conclut que le choix de la spécificité est donc dépendant du contexte et l’environnement dans lequel on choisit d’introduire un agent. Il est nécessaire d’avoir une meilleure compréhension de la relation entre la spécificité et une lutte biologique réussie.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review met en evidence le fait que pour limiter les effets associés à une introduction d'un agent de lutte, il est nécessaire de connaitre la biologie de l'agent que l'on étudie, mais aussi son spectre d'hôtes/proies et d'adapter son choix ( le degré de spécificité) en fonction de la situation dans laquelle on a besoin d'un agent de lutte biologique.

Publiée il y a environ 3 ans par REMION Estelle.
Dernière modification il y a environ 3 ans.
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