Introduction à l'article

L'hypothèse de la sélection de parentèle dit que, si l'homosexualité est déterminée génétiquement, alors un tel gène pourrait se maintenir dans une population si la baisse de valeur sélective, entraînée par la non reproduction, est compensée par une hausse de valeur sélective des apparentés grâce à un comportement altruiste à leur égard. Si cette hypothèse peine à être validée dans les pays occidentaux (Royaume-Uni, USA), plusieurs études menées aux Samoa (Kin selection and male androphilia in Samoan fa'afafine) ont rendu cette hypothèse crédible.

Des hypothèses ont été avancées pour expliquer ce patron, la plus citée est que l'expression d'un comportement avunculaire se ferait dans un contexte collectiviste (comme aux Samoa), et non dans un contexte individualiste, comme dans les pays occidentaux. Afin de tester cette hypothèse, les auteurs ont cherché à retrouver les résultats observés au Samoa chez des hommes homosexuels japonnais, dont la culture est définie comme collectiviste.

Expériences de l'article

Les auteurs ont cherché à voir si les hommes homosexuels japonnais (63 dans l'étude) avaient un comportement avunculaire plus prononcé, ainsi qu'un comportement altruiste plus développé envers des enfants non apparentés, que les hommes hétérosexuels (96 dans l'étude). Cette étude a été réalisée sur des individus n'ayant pas d'enfants.

Pour cela, les hommes devaient remplir un questionnaire composé :

Résultats de l'article

Les principaux résultats de l'étude sont que :

Rigueur de l'article

Les hommes homosexuels "échantillonnés" dans l'étude font partie d'un sous-groupe d'homosexuels uniquement attirés par des hommes étrangers (généralement des caucasiens). Ainsi, l'échantillon de cette étude représente une minorité d'individus, issue elle même d'une minorité, ce qui peut potentiellement biaiser les résultats.

Ce que cet article apporte au débat

Cette article montre qu'une culture collectiviste ne suffit pas pour exprimer un comportement plus altruiste envers ses apparentés, chez des individus homosexuels. Ainsi, l'hypothèse de l'individualisme vs collectivisme n'est pas suffisante en l'état.

Les auteurs proposent d'affiner cette hypothèse, et pensent que d'autres facteurs culturels et sociaux peuvent entrer en jeu. La principale différence entre le Japon et les Samoa est l'acceptation et l'attitude des individus homosexuels. Au Japon, bien que l'homosexualité soit tolérée, les individus homosexuels sont encore parfois mal vus, et ces derniers se montrent peu publiquement, ou sont extrêmement discrets. A l'inverse, les homosexuels samoans sont acceptés, et même considérés comme un troisième genre (nommé fa’afafine), et ces derniers ont une vie publique et sociale "extravertie". Ainsi, le niveau d'acceptation des individus homosexuels pourrait être un paramètre important à prendre en compte.

Remarques sur l'article

22 % des citations de l'article sont des références réalisées par les auteurs, ce qui est important.


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Publiée il y a environ 2 ans par J. Clo et F. Fekraoui.
Dernière modification il y a environ 2 ans.
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