Résumé de la review

L’auteur recense les facteurs pouvant expliquer l’orientation sexuelle de l’Homme pour un membre du même sexe ou de sexe opposé. Il semblerait que ces facteurs soient mis en place lors du neurodéveloppement, c'est à dire bien avant la naissance.

1. Facteurs hormonaux : les androgènes prénatals

Il semblerait que la préférence hétérosexuelle chez les hommes soit due à une exposition prénatale aux androgènes ; chez les femmes, cette préférence serait due au développement mammalien, car celles-ci sont très peu exposées aux androgènes avant la naissance. Plusieurs études s'appuyant sur différentes stratégies ont tenté de confirmer ces hypothèses. Parmi ces stratégies, un marqueur proxy indiquant l'exposition prénatale aux androgènes est le rapport de la longueur du deuxième doigt sur celle du quatrième doigt (ou rapport 2D/4D). Des données suggèrent que l'excès d'exposition aux androgènes peut modifier les longueurs relatives aux deuxième et quatrième doigts. Concrètement, ces données suggèrent que les femmes homosexuelles sont exposées à un degré plus élevé de masculinisation par les androgènes prénatals que les femmes hétérosexuelles. Pour ce qui est des hommes homosexuels, on constate à la fois des expositions élevées et réduites à l’androgène prénatal. Une exposition à l'androgène inférieure à la moyenne ou supérieure à la moyenne augmente la probabilité de développer l'homosexualité masculine. Des études s’appuyant sur les marqueurs de croissance physique (indices physiques et comportementaux) ont montré que les hommes homosexuels sont partiellement féminisés et que les femmes homosexuelles sont masculinisées.
Se référer également à La biologie de l'homosexualité

2. Effet de l’ordre de naissance fraternel et immunité maternelle

L’immunité maternelle constitue un facteur du neurodéveloppement pouvant expliquer l’orientation sexuelle chez l’Homme. Ce facteur repose sur l’effet de l’ordre des naissances. Une étude datant de 2004 montre que les hommes homosexuels ont un plus grand nombre de frères plus âgés que les hommes hétérosexuels. Cet effet de l’ordre des naissance n’est pas pris en compte pour expliquer l’orientation sexuelle féminine car les femmes homosexuelles et hétérosexuelles ne diffèrent pas en ce qui concerne la composition en frères et sœurs ni selon leur ordre de naissance. De même, il a été montré que les hommes homosexuels qui ont des frères plus âgés ont un poids de naissance nettement inférieur à celui des hommes hétérosexuels avec des frères plus âgés. Pour expliquer ces effets, les chercheurs se sont intéressés à l’immunité de la mère. Il semblerait que la mère, porteuse d’un fœtus mâle, produise des anticorps contre les antigènes mâles qu’elle considère comme du “non-soi”. Ces anticorps peuvent détourner la différenciation sexuelle masculine du cerveau fœtal, ce qui amène l'individu à être attiré sexuellement par les hommes.
Se référer également à Quantitative and theoretical analyses of the relation between older brothers and homosexuality in men

3. Le circuit neuronal

Pour comprendre les mécanismes à l’origine des différences du neurodéveloppement selon l’orientation sexuelle, des études portant sur les circuits neuronaux ont été menées. Parmi celles-ci, l’une d’elles a mis en évidence une plus petite taille des noyaux interstitiels de l’hypothalamus numéros 3 (INAH-3) chez les hommes homosexuels par rapport aux hommes hétérosexuels. Une autre étude portant sur la réponse hypothalamique a montré que celle-ci est plus faible chez les hommes homosexuels par rapport aux hommes hétérosexuels. Très peu de données concernant le circuit neuronal chez les femmes homosexuelles existent.
Se référer également à A difference in hypothalamic structure between heterosexual and homosexual men.

Ce que cette review apporte au débat

Dans cette review, l’objectif de l’auteur est de mettre en lumière les différents mécanismes du neurodéveloppement pouvant expliquer l’orientation sexuelle. Le développement de l’orientation sexuelle n’est pas seulement dû à des mécanismes d’apprentissage. Il existe bel et bien des études portant sur des mécanismes moléculaires, hormonaux et neuronaux, mettant en évidence que l’homosexualité peut être mise en place bien avant la naissance, pendant le développement neurologique.

Publiée il y a presque 2 ans par F. Fekraoui et al.
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