Introduction à l'article

L’effet des frères plus âgés est associé à l’homosexualité chez les hommes : il existe une corrélation entre le nombre de frères plus âgés que possède un individu masculin et la probabilité qu'il soit homosexuel. Cet effet pourrait être dû à la réponse immunitaire de la mère lorsqu’elle porte un fœtus mâle. En effet, le système immunitaire de la mère produit des anticorps contre les antigènes spécifiques du fœtus mâle ; et ces anticorps affectent la différenciation sexuelle du cerveau fœtal mâle conduisant à l’homosexualité. De même, il a été montré que les homosexuels mâles, qui ont de grands frères et sœurs, naissent avec un poids plus réduit que les hétérosexuels.
Dans cette étude, on s’interroge donc sur la corrélation entre l’effet FBO et d’autres marqueurs de l’homosexualité. Pour cela, l’auteur cherche à mettre en évidence une éventuelle relation entre un mécanisme prénatal de neurodéveloppement et les corrélats neurocomportementaux retrouvés chez les mâles adultes homosexuels.

Expériences de l'article

214 individus (80 hommes hétérosexuels, 80 hommes homosexuels, 54 femmes hétérosexuelles) participent à cette étude. Les sujets sont interrogés sur leur âge, leur scolarité, et leur nombre de frères et sœurs (grands et petits, y compris grossesses interrompues).
Deux mesures associées à l’orientation sexuelle du mâle sont prises en compte dans cette étude.

  1. La rotation mentale qui consiste à estimer la capacité spatiale à travers un test de 10 minutes (de 20 items). Le principe consiste à regarder une image en 2D d'un objet et de l'associer à quatre stimuli.
  2. L'étude de genre qui consiste en un test EPP. Dans ce test, il faut répondre à une série de 20 questions portant sur diverses situations, ressenties de manière différente selon si l’on est un homme ou une femme (peur ressentie en voyant un insecte, intérêt pour les enfants et les vêtements, volonté d’exprimer des sentiments). Les scores élevés sont obtenus par les hommes tandis que les scores faibles sont obtenus par les femmes.
Résultats de l'article

Si l'effet FBO se rapporte aux marqueurs neurocomportementaux adultes de l'orientation sexuelle masculine, alors le nombre de frères plus âgés devrait être fortement corrélée avec la capacité spatiale et le genre psychologique chez les hommes homosexuels.
Les résultats obtenus montrent que les hommes homosexuels possèdent plus de grands frères/sœurs que les hommes hétérosexuels. Cette étude permet de montrer que les hommes homosexuels présentent les même caractéristiques que les femmes hétérosexuelles. Cependant, cet article met bien en évidence qu’il n’y a aucune relation entre l’effet de frères plus âgés et les deux autres traits évalués (la féminisation comportementale observée chez les hommes homosexuels n’est donc pas due à cet effet de frères plus âgés).
Les facteurs pouvant expliquer la relation entre l’effet de frères plus âgés et l’homosexualité des hommes sont donc l’immunité maternelle (Référence) ou le neurodéveloppement (exposition prénatale aux androgènes)

Rigueur de l'article

Nous pouvons remettre en question le nombre d'individus étudiés. En effet, le nombre d'individus est relativement faible (80 personnes pour chaque catégorie).

Ce que cet article apporte au débat

Le mécanisme à l’origine de l’effet des frères plus âgés n’est pas encore connu. Cependant, il semblerait qu’il implique au moins un facteur génétique. Cet effet serait dû à une réponse immunitaire de la mère contre les antigènes masculins. Ce n’est donc pas le nombre de frères à proprement parler qui est un facteur déterminant dans l’homosexualité mais plutôt un facteur biologique lié au nombre de grossesses (grossesses multiples). Les études sur l'effet du nombre de grands frères apportent donc un argument pour appuyer le constat que l'homosexualité se met bien en place avant la naissance, et par conséquent qu'elle n'est pas due à l'environnement dans lequel a grandi l'individu homosexuel.
En perspective, nous pourrions nous interroger sur la nature de cette immunisation maternelle.

Remarques sur l'article

A noter :

Publiée il y a plus de 2 ans par F. Fekraoui et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 2 ans.
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