Introduction à l'article

Une partie significative de la population a une orientation hétérosexuelle mais des attirances de même sexe. De plus, ce trait aurait une base génétique (LeVay, 2010; Santtila et al., 2010;Hamer,1993). D'un point de vue évolutif, le maintien d'un tel trait est énigmatique puisqu'il implique a priori une moindre reproduction, et que les allèles en question devraient être éliminés par les processus de sélection naturelle.
Si de nombreuses études proposent un avantage adaptatif, les preuves empiriques manquent (lire notamment la revue de Bailey et al. (2016) et d'autres articles de cette controverse). Une des hypothèses alternatives est que les choix d'accouplements aient été régulés dans les sociétés ancestrales, ce qui aurait affaibli les pressions de sélection sur les prédispositions aux attirances de même sexe, ce qui aurait permis l'extrême variabilité des orientations sexuelles. Cette hypothèse est testée expérimentalement dans cet article.

Expériences de l'article

L'expérience comprend trois étapes.
1) Identification des réactions des individus aux attirances de leur partenaire intime ou de leurs enfants.
Questionnaires du type : "Comment réagiriez-vous si votre enfant/partenaire vous révélait son attirance pour les personnes du même sexe ?".
2) Questionnaire à choix multiples (les choix proposés proviennent de la première partie de l'étude) sur les réactions vis-à-vis de révélations du partenaire intime : attirance sexuelle ou contact sexuel de même sexe.
3) Questionnaire à choix multiples (les choix proposés proviennent de la première partie de l'étude) sur les réactions vis-à-vis de révélations de leur fille, puis de leur fils : attirance sexuelle ou contact sexuel de même sexe.

Résultats de l'article

Le bouleversement des partenaires et des parents augmente avec la déviation par rapport à l'orientation hétérosexuelle, mais de manière moins importante lorsque la personne est leur fille ou leur partenaire féminine, que si c'est un homme. Cette mauvaise acceptation en société est susceptible de constituer un coût pour la valeur sélective de celui ou celle qui possède ce trait, mais moins chez les femmes.
Près de la moitié des hommes ne sont pas bouleversés si leur partenaire féminine est attirée par les personnes de même sexe, et trouvent d'ailleurs cela excitant. Il se pourrait donc qu'il y ait eu une sélection positive sur ce trait chez les femmes, ce qui remettrait en cause la théorie de l'affaiblissement des pressions de sélection.

Les allèles qui prédisposent à l'attirance homosexuelle subissent une pression de sélection moins importante chez les femmes que chez les hommes, du fait des pressions exercées par l'entourage.

Rigueur de l'article

L'étude se base sur des autodéclarations, et les scénarios proposés aux partenaires intimes et aux parents sont imaginaires (les participants en sont informés) : les réponses données ne correspondent pas forcément à la réaction réelle qu'ils auraient.
Les participants ont tous la même culture (Grèce, Chypre).
Dans la deuxième partie de l'étude, l'orientation sexuelle des participants n'est pas prise en compte.

Ce que cet article apporte au débat

Les pressions de sélection différentes expliquent la part plus importante de l'homosexualité chez les femmes que chez les hommes. Aussi, les hautes proportions d'homosexuels dans les populations contemporaines post-industrielles sont probablement due à l'affaiblissement des pressions de sélection sur les allèles responsable dans les populations humaines ancestrales (l'orientation sexuelle réelle n'était pas prise en compte, e.g. mariages arrangés, pressions de l'entourage...).

Contrairement aux autres études prenant part à la controverse en cherchant un avantage évolutif, celle-ci indique que l'homosexualité peut être maintenue sans qu'il n'y ait d'avantage particulier. De plus, ce maintien aurait pour origine les normes sociétales. Ainsi, si certains voient dans l'apparition de l'homosexualité une adaptation à la vie en société[1], la coïncidence entre sociétés complexes et homosexualité pourrait en fait être due à l'affaiblissement des pressions de sélection.

Remarques sur l'article

Le site de l'auteur : https://sites.google.com/site/menelaosapostolou/


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Publiée il y a plus de 2 ans par A. Champreux et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 2 ans.
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