Globalement, les facteurs susceptibles de causer le déclin des abeilles sont nombreux. Le consensus scientifique postule que ce phénomène est multifactoriel. Il n'y a pas de "causes officielles" déterminées. La part de chaque facteur dans ce phénomène n'est pas déterminée. Parmi eux, le changement climatique (perte de biodiversité et changements de températures), les monocultures (perte de biodiversité, perte d'habitats, de flore sauvage qui constitue la nourriture des abeilles sauvages ou domestiques, simplification des paysages), pratiques apicoles (traitements, transhumances, croisements, échanges, etc), maladies (parasites, pathogènes comme le varroa ou la toque américaine), prédateurs (frelon asiatique), néonicotinoïdes et autres pesticides... Et on peut encore agrandir la liste avec d'autres choses.[1][2][3][4][5][6]. La littérature abonde dans ce sens, et le débat est largement médiatisé (par exemple : Le Monde, Le Parisien, Arte pour ne citer qu'eux).. L'IPBES (le GIEC de la biodiversité) a confirmé dernièrement le déclin des pollinisateurs en rappelant ces différentes causes possibles, il serait de 9% en Europe [7].

Cependant, des points positifs sont aussi soulignés dans la littérature : comme le suggère un autre article[4], le taux d'extinction d'espèces de pollinisateurs n'augmente plus. Cela peut-être interprété comme le fait que les populations ont tellement diminué qu'elles ne peuvent plus se réduire davantage. Mais si beaucoup d'espèces ont disparu – c'est indéniable – les espèces restantes ne seraient pas en danger d’extinction.
Sur les effets réels des pesticides (néonicotinoïdes entre autres) en champ : l'incertitude reste, les agences sanitaires n'ont pas pu déterminer de corrélation entre eux le déclin des abeilles [8], de même les différentes méta-analyses ne montrent pas d'effets prouvés en conditions réelles (et donc pas avec les doses de laboratoire) [9][10][11][12][13]. Les autorités compétentes ont même dit que ces pesticides sont moins toxiques pour les abeilles que ceux utilisés par le passé, en terme de balance bénéfices/risques : cela semble donc plutôt encourageant [14][15].

La médiatisation accrue du phénomène, associée à l'évidence scientifique, ont permis de mettre en place des législations protégeant les pollinisateurs, au niveau français mais aussi européen. Par exemple, l'application de la loi française de juin 2014 concernant l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans les espaces verts et les collectivités publiques, qui devait s'appliquer en juin 2020, a été avancée à juin 2016.

Les prochaines études [16] permettront de déterminer si ces efforts permettent effectivement de protéger les abeilles domestiques, et si oui, si ils sont suffisants. En attendant, le sort des abeilles reste incertain.

Publiée il y a plus de 2 ans par T.Corneloup et F. Giry.
Dernière modification il y a plus de 2 ans.

Cette synthèse se base sur 12 références.

Globalement, les facteurs susceptibles de causer le déclin des abeilles sont nombreux. Parmi eux, nouveaux prédateurs (tels le frelon asiatique), parasites (varroa), destruction de l'habitat, pollution de l'habitat par des insecticides... La littérature abonde dans ce sens[1][2][3], et le débat est largement médiatisé (par exemple : Le Monde, Le Parisien, Arte pour ne citer qu'eux).

Cependant, des points positifs sont aussi soulignés dans la littérature : comme le suggère un autre article[4], le taux d'extinction d'espèces de pollinisateurs n'augmente plus. Cela peut-être interprété comme le fait que les populations ont tellement diminué qu'elles ne peuvent plus se réduire davantage. Mais si beaucoup d'espèces ont disparu – c'est indéniable – les espèces restantes ne seraient pas en danger d’extinction.

La médiatisation accrue du phénomène, associée à l'évidence scientifique, ont permis de mettre en place des législations protégeant les pollinisateurs, au niveau français mais aussi européen. Par exemple, l'application de la loi française de juin 2014 concernant l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans les espaces verts et les collectivités publiques, qui devait s'appliquer en juin 2020, a été avancée à juin 2016.

Les prochaines études permettront de déterminer si ces efforts permettent effectivement de protéger les abeilles domestiques, et si oui, si ils sont suffisants. En attendant, le sort des abeilles reste incertain.

(Synthèse basée sur la synthèse de T. Lorin)

Publiée il y a plus de 3 ans par F. Giry.
Dernière modification il y a plus de 3 ans.

Cette synthèse se base sur 4 références.

Eh bien... Oui ! Et non. Dans l'ensemble, les facteurs susceptibles de causer le déclin des abeilles sont nombreux ; parmi eux, nouveaux prédateurs (tel le frelon asiatique), parasites (varroa), destruction de l'habitat, pollution de l'habitat par des insecticides... La littérature abonde dans ce sens, et le débat est largement médiatisé (encore qu'il gagnerait à l'être plus !).

Cependant, des points positifs apparaissent :

  1. comme le suggère l'article de 2014 publié dans la revue Science par Ollerton et ses collègues (et présenté dans cette controverse), le taux d'extinction d'espèces de pollinisateurs n'augmente plus ! Evidemment, certains argueront que c'est car elles sont déjà toutes éteintes et que plus rien ne peut disparaître ! Le "tout doit disparaître" apicole a déjà eu lieu au cours du vingtième siècle et les soldes des pollinisateurs ne sont plus à l'ordre du jour en temps de crise... Mais si certes beaucoup d'espèces ont disparu – c'est indéniable – les espèces restantes ont le bon goût de survivre, et c'est tant mieux ! D'autant que...
  2. la médiatisation accrue du désastre a permis, associée à l'évidence scientifique, de mettre en place des lois protégeant les pollinisateurs. Là encore, les plus pessimistes pointeront du doigt que les nouvelles règlementations sont de portée locale et ne traitent pas le problème à sa racine. Mais comment ne pas se réjouir que l'application de la loi de juin 2014 concernant l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans les espaces verts et les collectivités publiques, qui devait s'appliquer en juin 2020, ait été avancée à juin 2016 ?

Alors oui, ce n'est peut-être pas très objectif (mais libre à vous de réécrire cette synthèse, ou de trouver des références montrant le contraire !) mais j'ai envie d'y croire, les pollinisateurs ne disparaitront pas. Ils continueront à souffrir grandement, mais je crois en cet effort collectif, politique – il le faut, scientifique, qui permettra d'arrêter cette catastrophe environnementale. Et je terminerais sur une note légère (ou plutôt grasse) : "L'humanité aime trop les frites pour les manger sans ketchup."

Publiée il y a presque 4 ans par T. Lorin.
Dernière modification il y a environ 3 ans.