Titre de l'article :

Toilettage, alliances et altruisme réciproque chez les singes vervets.


Introduction à l'article :

L’altruisme réciproque est un échange d'actions bénéfiques entre individus. Dans un tel système, les bénéfices du destinataire excèdent les coûts de l’altruiste. La théorie prédit que la coopération entre individus peut intervenir lorsqu'ils se rencontrent régulièrement, et sont capables d’ajuster leurs comportements coopératifs. Les exemples de réciprocité entre individus non-apparentés sont relativement peu étudiés. Le toilettage entre non-apparentés serait un proxy de l'augmentation de la sollicitation d’aide. Le** toilettage** est une des formes d’expression de l’affection chez les primates non-humains. L’évolution de ces comportements a souvent été expliquée en termes de « kin sélection ». De tels comportements coopératifs sont en lien avec le maintien de liens durables, desquels découlent de futures bénéfices. Ceux-ci récupérés sous forme d’alliances, de partage, de tolérance aux sites de nourrissages, ou encore de diminution de l’agression.

Expériences de l'article :

Il s'agit de tester l'hypothèse d'une augmentation de la probabilité du soutien dans de futures conflits via l'épouillage. Les sujets sont des femelles adultes et des juvéniles membres de trois groupes de singes vervets. Dans un premier lieu, deux individus sont choisis. Un signal de vocalisation d’un des deux individus est enregistré puis retransmis à côté de l’autre animal selon deux conditions : après que l’individu A ait toiletté l’individu B ou bien après un laps de temps sans toilettage. Le but est de déterminer dans quelle mesure cela augmente la prévalence de toilettage que B pourrait apporter après une sollicitation de A, et ainsi dénouer tout ce système d’interactions. Concrètement, la volonté de l’individu B à répondre à la sollicitation de A a été mesuré par l’intensité de réponse de B aux vocalisations de A.
NB : ces singes vervet reconnaissent spécifiquement les vocalisations de leurs congénères. En effet, les mères sont sensibles aux cris d’alarme de leur progéniture.

Résultats de l'article :

Dans le cas où le toilettage augmenterait la probabilité d’un futur soutien envers des agressions externes, les chercheurs prédissent que la réponse de B serait plus forte quand après un récent toilettage par A, que sans épouillage récent.
Les sujets répondent à la diffusion des enregistrements en regardant dans la direction des haut-parleurs émettant ces sons, témoin permettant de valider la reconnaissance des sons par les individus.
-Différence entre réponses des apparentés et non-apparentés (existence de données de génétique et d'affiliation) : Quand aucun toilettage préliminaire n’a été effectué, la réponse des apparentés est généralement plus forte que celle des non-apparentés. L’acte de toilettage n’a donc pas d’effet significatif sur le comportement des apparentés, qui répondent à la sollicitation des autres selon la même intensité. L’observation inverse est relevée : en effet, un toilettage préliminaire présente quant à lui des effets forts sur la réponse des non-apparentés.

Rigueur de l'article :

Diverses explications concernant le comportement des apparentés sont possibles : un taux élevé d’interactions pourrait réduire la façon dont le comportement des individus dépend des interactions immédiates. .
Points positifs :

  • Les enregistrements utilisés lors de cette expérimentation ont été testé en conditions naturelles afin de valider leur véracité pour l'expérimentation ex-situ. Et ainsi vérifier l'interprétation du signal en tant que vocalisations par les individus. -Les positions des enceintes ont été modulé, afin de na pas mimer l'effet d'une agression sur l'individu. Limites du papier :
  • Etude ne disposant pas de réplicats ? -Réalisée sur seulement deux individus ? -Ont-ils échangé les rôles entre les individus A et B afin d'observer une réelle réciprocité ? Afin de voir si l'épouillage de l'individu ne serait pas seulement le reflet d'une hiérarchie. -Habituation des individus (saturation) ?
Ce que cet article apporte au débat :

-L’expérimentation ainsi menée semble soutenir la théorie de l’altruisme réciproque chez ces singes.
-On ne parle pas forcément d'empathie ici, cependant, les auteurs font référence au maintien des liens sociaux, on pourrait donc émettre l'hypothèse que l'épouillage présente une dimension d'affinité entre les individus. En plus, il a été montré que la fonction première de l'épouillage n'était pas forcément le retrait des ectoparasites (les acteurs de l'épouillage tournant souvent autour de la zone de la tique par exemple, sans forcément la retirer...).
-Toujours un "problème" avec le terme d'"altruisme réciproque" (dû à la date de publication de l'article ? connaissance pas mise à jour ?).

Remarques sur l'article :

-La plupart des individus d'études sont des femelles (impact sur l'expérimentation ?).
-Test entre juvéniles et adultes non exploités afin de voir si il existe une tendance différente entres ces deux catégories d'âge...
-Expérience contrôlée pour le rang social (statut hiérarchique) des individus, en prenant un nombre équivalent de dominants et non-dominants.
-Un individu est considéré comme épouillant l'autre si ce comportement est maintenu pendant un laps de temps de T=10s (ceci afin de bien discerner le comportement selon la qualité de la vidéo, et ainsi standardiser les observations).

Publiée il y a plus de 3 ans par Olii.
Dernière modification il y a plus de 3 ans.