Titre de l'article :

Changements dans les communautés de poissons à petite échelle spatiale, un effet de la complexité accrue de l'habitat par un parc éolien offshore


Introduction à l'article :

Le nombre de parcs éoliens offshore (OWF) augmente pour répondre à la demande en énergies renouvelables. Contrairement aux impacts de la phase de construction, les impacts de la phase opérationnelle sont permanents pour la durée de vie de l'OWF. Le substrat dur entourant les monopieux crée un nouvel habitat pour les espèces, en formant des récifs artificiels. Ces organismes peuvent modifier le réseau trophique local en fournissant une nouvelle source de nourriture qui n'était pas présente avant la construction de l'OWF. Cette nouvelle source attire par la suite des nouvelles espèces de poissons, qui à leur tour, attirent des nouvelles espèces de prédateurs. Dans le cadre d'un programme de suivi et d'évaluation, les auteurs ont étudié l'impact de ce substrat dur sur la communauté de poissons dans un OWF néerlandais (OWEZ) dans le milieu sableux du sud de la mer du Nord, qui était en activité depuis cinq ans.

Expériences de l'article :

Des filets à mailles de multiples diamètres, ont été placés près des structures OWF sur les revêtements de protection du substrat dur et sur le fond sableux au milieu de la ferme afin d'attraper les espèces de poissons voisinant les monopieux. Des tests statistiques non paramétriques ont été utilisés pour tester si l'espèce était plus présente dans les environs des monopieux (VM) que dans le Sandy Bottom (SB), ou vice versa. Un sonar d'identification à double fréquence (DIDSON) a été utilisé afin d'observer les poissons dans la colonne d'eau dans tout l'OWF et près des structures OWF ainsi qu'a examiné le niveau d'agrégation des poissons. Par la suite, les poissons identifiés ont été dénombrés et la longueur (cm) et la position de chaque poisson dans la colonne d'eau ont également été déterminées. L'hypothèse selon laquelle plus de poissons se trouvent près des monopieux qu'en eau libre a été testée avec l'utilisation du nombre de poissons dénombré et calculé par DIDSON par 10 secondes.

Résultats de l'article :

Les captures avec les filets ont indiqué une attraction pour la morue, Trisopterus luscus, Notesthes robusta, Cancer pagurus et Necora puber. L'attraction vers l'habitat sableux a été montrée pour le poisson plat et le merlan. Deux espèces jusque-là non capturées dans cette zone, Ctenolabrus rupestris et Balistes capriscus, ont été capturées sur le substrat dur. D'après les données issues du DIDSON, de fortes abondances de poissons près des structures ont été observées certains jours. La zone autour des structures n'est utilisée que temporairement pour s'abriter ou se nourrir. Le niveau d'agrégation différait selon les espèces présentes dans la zone en fonction des saisons. En avril, la plupart des poissons étaient regroupés en bancs, tandis qu'en été, la plupart des observations étaient des poissons individuels ou des agrégations aléatoires. Les structures du parc éolien ont eu un effet limité sur le niveau d'agrégation par rapport à la saison ou aux conditions météorologiques.

Rigueur de l'article :

Il est possible dans cette étude qu'il y ait un biais on niveau de la technique de capture avec le filet. En effet, comme le filet est placé sur un substrat dur, il peut y avoir des cavités sous le filet qui peut réduire la capacité de capture des espèces de fond comme le poisson plat. Un autre problème méthodologique était que, pour des raisons de sécurité, les filets étaient toujours placés au même endroit à chaque fois. Cela pourrait avoir entraîné un épuisement local, en particulier près des monopieux. Concernant les 2 espèces indigènes capturées, un seul représentant de ces espèces était présent. Ainsi, on peut se poser la question sur le rôle de tremplin des OWF pour les espèces indigènes. Enfin, ils n'ont pas comparé les relevés des espèces dans les OWF à un site de référence sans OWF, ainsi il est possible que les variations de communautés au cours des saisons soient dues à la migration.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette étude montre que les OWF modifient l'habitat du poisson, non seulement en introduisant un substrat dur sur le fond marin, mais aussi par les structures introduites dans la colonne d'eau. Le substrat dur, dans la zone sableuse, peut être utilisé par des espèces ne se trouvant pas dans cette zone ou du moins pas dans ces abondances. Par la suite, c'est tout le réseau trophique qui est modifié. Ces changements entraînent des altérations dans la communauté de poissons à courte distance des structures. Cependant, cela semble négligeable à l'échelle d'un OWF, mais qu'en serait-il si ces effets se produisent à une échelle beaucoup plus importante comme ce qui est attendu avec l'augmentation en masse des OWF ?

Remarques sur l'article :

La recherche a été commandée par NoordzeeWind, une coentreprise de Vattenfall et Shell, qui sont des entreprises faisant partie des plus grands fournisseurs d'énergie électrique et thermique en Europe. Cependant, cela ne semble pas avoir influencé la position de cet article. Les trois auteurs et Karen Van de Wolfshaar et qui a aidé dans la relecture et Erwin Winter qui a contribué à la mise en place expérimentale, travaillent pour Wageningen Marine Research, qui est un centre de recherche contribuant à une gestion, une utilisation et une protection plus durables et plus prudentes des richesses naturelles dans les zones marines, côtières et d'eau douce.

Publiée il y a presque 3 ans par L. Delteil.
Dernière modification il y a presque 3 ans.