Titre de l'article

Analyse de 70 cas de modification de voierie dans 11 pays

Introduction à l'article

Ce papier est en réalité une synthèse et une mise à jour d'une étude précédente menée par les mêmes auteurs. De nouvelles études de cas sont ici ajoutées pour vérifier si les conclusions du premier article, qui statuait en faveur de l'évaporation du trafic, étaient également valables pour des aménagements plus récents.

Cette étude vise à faire évoluer les modèles de prévision du trafic qui considèrent les flux de véhicules constants avant et après travaux de modification des voieries, et négligent donc cet effet d'évaporation.

Expériences de l'article

Cet article se base sur l'analyse de 70 études de cas dans 11 pays différents. La méthodologie est assez simple et consiste à compter les véhicules avant et après aménagement sur les voies directement concernées et sur les voies parallèles. Des cas où des voies sont fermées temporairement, mais pour une période importante, pour cause de travaux sont aussi pris en compte.

Une enquête auprès de 142 professionnels de la gestion des voierie complète ces analyses statistiques pour avoir une approche plus qualitative.

Résultats de l'article

L'enquête auprès des professionnels montre que 90 % d'entre eux connaissent des exemples où de telles transformations n'ont pas généré de congestion supplémentaire, et moins d'1/4 a entendu parlé de cas où des problèmes de congestion durables sont apparus. Seulement 7 % d'entre eux connaissent les tenants et aboutissants de tels cas difficiles (au delà de "en avoir entendu parlé").

L'analyse du trafic avant et après transformation de la voierie montre qu'on moyenne, le trafic dans le voisinage (pas uniquement dans la rue impactée) est réduit de 21,9 %. La médiane (plus fiable pour des résultats aussi différents selon les cas) est à 10,6 % de réduction.

Enfin, les cas de réduction du trafic les plus spectaculaires concernent des plans de modification urbaine de grande ampleur dans lesquelles les modifications des voieries considérées n'étaient qu'un volet. L'étude suggère ainsi des effets cumulatifs quand de nombreuses modifications forcent les usagers à repenser totalement leur mobilité.

Rigueur de l'article

La méthodologie de mesure du trafic n'est pas explicitée, toutefois cet article correspond à une mise à jour d'un autre article par les mêmes auteurs, il est donc possible de supposer que la méthodologie utilisée est la même.

Les résultats à long terme sont plus mitigés : selon les cas, le trafic revient à son niveau initial, ou non. Les auteurs soulignent que leur étude ne permet pas de trancher (tous les cas n'ont pas été suivis à long terme).

Ce que cet article apporte au débat

Les auteurs tentent également de comprendre cette évaporation du trafic, au delà des chiffres mesurables :

  • la perception que la capacité de la voierie (en nombre de véhicules qui peuvent être présents en même temps) a été réduite, même si ce n'est pas toujours objectivement le cas ;
  • une variation de la répartition temporelle du trafic : les usagers évitent les heures de pointe, où le trafic est effectivement réduit, mais se rabattent sur des horaires moins congestionnés. Le trafic sur la journée peut, en tout, ne pas être modifié ;
  • un changement du mode de transport pour éviter les embouteillages, passent au co-voiturage, modifient leur destination quand c'est possible, etc. A long terme, les usagers peuvent même changer de lieu de travail ou déménager.
Remarques sur l'article

Cet article est intéressant car il aborde aussi le sujet médiatique et politique : il montre comment les médias sont souvent très alarmistes sur les conséquences a priori de la fermeture de certaines voies, en total décalage avec les effets qui sont ensuite observés, la plupart du temps très minimes. Il aborde aussi le sujet "la réduction du trafic est-elle souhaitable ?".

Figure
Légende :

Pourcentage de modification du trafic pour les études de cas prises en compte. Un pourcentage négatif correspond à une réduction du trafic. Ces chiffres prennent en compte l'ensemble du voisinage de la rue impactée par les modifications de voierie.

Publiée il y a plus de 3 ans par F. Giry.
Dernière modification il y a plus de 3 ans.
Article : Disappearing traffic? The story so far
  • 1
  • Auteurs
    S. Cairns, S. Atkins, P. Goodwin
  • Année de publication
    2002
  • Journal
    Municipal Engineer
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Reallocating roadspace from general traffic, to improve conditions for pedestrians or cyclists or buses or on-street light rail or other high-occupancy vehicles, is often predicted to cause major traffic problems on neighbouring streets. This paper reports on two phases of research, resulting in the examination of over 70 case studies of roadspace reallocation from eleven countries, and the collation of opinions from over 200 transport professionals worldwide. The findings suggest that predictions of traffic problems are often unnecessarily alarmist, and that, given appropriate local circumstances, significant reductions in overall traffic levels can occur, with people making a far wider range of behavioural responses than has traditionally been assumed. Follow-up workhas also highlighted the importance of managing how schemes are perceived by the public and reported in the media, with various lessons for avoiding problems. Finally, the findings highlight that well-designed schemes to reallocate roadspace can often contribute to a multiplicity of different policy aims and objectives.

  • Identifiant unique
    10.1680/muen.2002.151.1.13
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  • Apparait dans la controverse
    Evaporation du trafic automobile : réduire les surfaces de voiries conduit-il à réduire le nombre de véhicules en circulation ?
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  • Evaporation du trafic automobile : réduire les surfaces de voiries conduit-il à réduire le nombre de véhicules en circulation ? Oui ou Non
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