Titre de l'article

Le partage de nourriture chez les chauves-souris vampires est plus népotique dans des conditions avec risques.

Introduction à l'article

Les comportements coopératifs présentent un large spectre de scénarii allant de celui aux bénéfices réciproques, à celui d’altruisme extrême avec sacrifice. Selon la loi d’Hamilton, celle-ci prédit que lorsque le risque augmente, les décisions coopératives sont biaisées vers les apparentés voire totalement népotiques (favoritisme envers les apparentés). Une situation mise en danger est artificiellement recréée, elle requière que le « donneur» de sang quitte son emplacement afin de pouvoir régurgiter la nourriture à un congénère emprisonné.
Afin de tenter de comprendre les prises de décisions coopératives, les expériences de « rescue behaviors » testent le rôle des risques perçus, de l’apparentement ou des besoins éprouvés par la victime. Ainsi, les « secoureurs » pourraient tolérer un plus grand risque afin d'aider des apparentés, et ainsi être plus discriminants en situation de risque accru. L’action de régurgiter suggère un renforcement des liens (partage réciproque).

Expériences de l'article

Les tests sont menés au sein d’une colonie captive de 14 femelles et 28 mâles (issus de zoos). Un total de 37 expériences ont été menées au cours desquelles un sujet est isolé et mis au jeûne. Au cours de la condition « piégé » l’individu est contraint à rester au sein d’une cage au sol pendant une heure, puis pesé. Un total de 29 chauves-souris (13 femelles et 16 mâles) sont testées au sein de 37 expériences, pour lesquelles une pesée est menée avant et après. Sur quelques unes des sessions, une partie des sujets sont lâchés pendant deux heures (condition libre). Une pesée est de nouveau. On considère que la nourriture a été partagé si l'interaction entre la bouche des congénères est d'au moins 5 secondes. Afin de tester si le partage de nourriture en condition d’enfermement est plus népotique que celle en condition normale, des scores de népotisme sont calculés (somme des contributions pour un receveur selon l’apparentement au donneur, pour la condition de détention VS la condition normale).

Résultats de l'article

De nombreux événements de régurgitation ont été relevés. Le « mouth-licking » semble expliquer une grande part du changement de poids dans la condition de détention. Le score de népotisme est apparu plus élevé au cours de la condition de détention. De même, une corrélation positive est relevée entre le degré d’apparentement et la condition de détention. Les plus apparentés contribuant pour une part majoritaire à la nourriture reçue par les individus dans la condition de détention.
Il a été montré que les actes de coopération ici celui de partage de la nourriture chez ces chauves-souris peut être modulé par certains facteurs comme ici le contexte. Les donneurs semblent avoir été attirés par l’écholocation et les cris. Les scores de népotisme sont plus élevés dans la condition de détention que dans la condition libre. Ainsi, la situation de risque serait créée par trois facteurs : la nouveauté, la difficulté, et la perception du risque.

Rigueur de l'article

-Les auteurs insistent sur un aspect critique de leur expérimentation, concernant son côté artificiel, et donc peu représentatif des conditions naturelles.
-Le fait que les individus ne soient pas en contact permanent pour des actes de toilettage par exemple, pourrait avoir eu un impact négatif sur la régurgitation et la partage de nourriture.

Ce que cet article apporte au débat

-Les femelles et notamment les mères ont une plus grande propension à prendre des risques pour nourrir leur progéniture : en faveur aux hypothèses de l'émergence de l'empathie dans le cadre des soins parentaux.
-Au-delà de la notion de l’apparentement, il ne faut pas négliger l’importance du background social et de l'apprentissage, dans les comportements réciproques. Le népotisme et la réciprocité ne sont pas des hypothèses exclusives et peuvent moduler la coopération.

Remarques sur l'article

-Des études préliminaires ont d’ailleurs montré que le « partage réciproque » était plus important que l’apparentement au niveau des taux de partage de la nourriture et de l’attraction par les cris (Carter and Wilkinson 2013b).

Publiée il y a plus de 3 ans par Olii.
Dernière modification il y a plus de 3 ans.
Article : Food-sharing vampire bats are more nepotistic under conditions of perceived risk.
  • 1
  • Auteurs
    Gerald G. Carter, Gerald S. Wilkinson, Rachel A. Page.
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Behavioral Ecology.
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Cooperative behaviors exist along a spectrum of cost, from no-risk scenarios of mutual benefit to self-sacrificing altruism. Hamilton’s rule predicts that as risk increases, cooperative decisions should become increasingly kin-biased (nepotistic). To manipulate the perceived risks of regurgitated food sharing in captive vampire bats, we created a novel “rescue” condition, which required that donors leave their preferred roosting location, descend to an illuminated spot on the cage floor, and regurgitate food across cage bars to a trapped hungry bat. Vampire bats adapted their food sharing to this novel context, but with a dramatic reduction in the probability and amount of food sharing. Sixteen of 29 bats were fed by groupmates when trapped. All 15 starved bats that were tested in both trapped and free conditions received less food when trapped. Donations to trapped bats came from kin and nonkin, but subjects received a greater proportion of their food from closer relatives when trapped than when free. This finding supports the prediction that nepotistic biases should be exaggerated under dangerous conditions.

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