Cette synthèse appartient à la controverse Les abeilles domestiques vont-elles disparaître ?

Eh bien... Oui ! Et non. Dans l'ensemble, les facteurs susceptibles de causer le déclin des abeilles sont nombreux ; parmi eux, nouveaux prédateurs (tel le frelon asiatique), parasites (varroa), destruction de l'habitat, pollution de l'habitat par des insecticides... La littérature abonde dans ce sens, et le débat est largement médiatisé (encore qu'il gagnerait à l'être plus !).

Cependant, des points positifs apparaissent :

  1. comme le suggère l'article de 2014 publié dans la revue Science par Ollerton et ses collègues (et présenté dans cette controverse), le taux d'extinction d'espèces de pollinisateurs n'augmente plus ! Evidemment, certains argueront que c'est car elles sont déjà toutes éteintes et que plus rien ne peut disparaître ! Le "tout doit disparaître" apicole a déjà eu lieu au cours du vingtième siècle et les soldes des pollinisateurs ne sont plus à l'ordre du jour en temps de crise... Mais si certes beaucoup d'espèces ont disparu – c'est indéniable – les espèces restantes ont le bon goût de survivre, et c'est tant mieux ! D'autant que...
  2. la médiatisation accrue du désastre a permis, associée à l'évidence scientifique, de mettre en place des lois protégeant les pollinisateurs. Là encore, les plus pessimistes pointeront du doigt que les nouvelles règlementations sont de portée locale et ne traitent pas le problème à sa racine. Mais comment ne pas se réjouir que l'application de la loi de juin 2014 concernant l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans les espaces verts et les collectivités publiques, qui devait s'appliquer en juin 2020, ait été avancée à juin 2016 ?

Alors oui, ce n'est peut-être pas très objectif (mais libre à vous de réécrire cette synthèse, ou de trouver des références montrant le contraire !) mais j'ai envie d'y croire, les pollinisateurs ne disparaitront pas. Ils continueront à souffrir grandement, mais je crois en cet effort collectif, politique – il le faut, scientifique, qui permettra d'arrêter cette catastrophe environnementale. Et je terminerais sur une note légère (ou plutôt grasse) : "L'humanité aime trop les frites pour les manger sans ketchup."

Publiée il y a plus de 5 ans par T. Lorin.
Dernière modification il y a plus de 4 ans.